Le CoRP, Collectif pour le Respect de la Personne

27 janvier 2014

Présentation du CoRP, Collectif pour le Respect de la Personne

Le CoRP désigne un collectif indépendant et n’est rattaché à aucun parti politique ni à aucune école de pensée. 

Quelques noms parmi les membres fondateurs du CoRP: Eliette Abécassis, Sylviane Agacinski, Marie Balmary, Marie-Josèphe Bonnet, Pierre Courbin, Alice Ferney, Marie-Anne Frison-Roche, Marie Jauffret, Béatrice Joyeux-Prunel, Maylis Le Pomellec, Marie-Laure Massei, Manuel Maidenberg, Monette Vacquin.

Nous refusons la pratique dite des « mères porteuses » c’est à dire la mise à disposition des organes et de la vie d’une femme pendant 9 mois, pour servir de réceptacle à l’enfant en étant destituée de son statut de mère. L’enfant est transféré par contrat à celle, celui ou ceux qui ont commandé l’enfant et la mère véritable est dégradée: elle n’est plus que prestataire de service, que « mère de substitution » (surrogate mother). Indissociables de la personne et de sa chair, la grossesse et l’accouchement sont des événements biologiques et biographiques personnels fondamentaux. Les enfants nés dans ces conditions ont une origine morcelée, parce qu’ils sont arrachés dès la naissance à celle qui les ayant portés, nourris, a noué avec eux leur première relation humaine.

C’est pourquoi nous affirmons le principe qui fonde la maternité sur l’accouchement. La maternité (grossesse et accouchement) n’est ni un service ni un travail disponible pour qui verse en échange de l’argent, rémunération ou indemnisation.

Par ailleurs, nous estimons que les lois constituent le socle sur lequel s’institue l’humanité. Elles seules peuvent garantir le respect de la justice, de la paix, de la liberté, de l’égalité et de la dignité des êtres humains. Or ces valeurs fondamentales sont remises en cause aujourd’hui, à la fois par le néo-libéralisme sans frontière et par le développement de biotechnologies qui risquent de réduire le corps de la personne au statut de ressource, de matériau biologique, ou de produit. Les femmes sont particulièrement exposées, compte tenu de leur rôle dans la procréation. En effet, la pression est forte pour que leur corps devienne disponible et utilisable pour répondre à la « demande d’enfants » de personnes ou de couples stériles. Une idéologie hyper-libérale et individualiste les pousse à accepter de « prêter » leur utérus pour produire des enfants. On met hypocritement en avant le consentement des femmes à leur propre instrumentalisation, alors qu’il s’agit la plupart du temps de l’exploitation des femmes pauvres, ou alors de l’emprise d’une idéologie moderne du don qui pousse une femme à « donner » à un(e) autre ou à un couple ce qui ne peut pas l’être: le lien vital qui la relie à l’enfant qu’elle porte, lien qui appartient aussi à l’enfant. 

Nous souhaitons rappeler la différence fondamentale entre les personnes et les choses, qui irrigue l’ensemble du droit français. L’enfantement et l’enfant lui-même ne peuvent entrer dans un système de production et d’échange sans porter atteinte au droit des personnes. 

En outre, nous voulons dénoncer l’instauration de nouvelles règles de langage, par lesquelles tout commence et qui visent à masquer la réalité de pratiques sociales violentes et incompatibles avec les acquis de notre droit. Nous nous attacherons à déceler les procédés rhétoriques utilisés à des fins de propagande idéologique. Par exemple ; la formule « Gestation pour autrui » occulte l’épreuve de l’accouchement, avec ses risques. Le mot « gestation » laisse croire qu’une grossesse est une simple opération organique fonctionnelle, tandis que « pour autrui » suggère une action altruiste et masque le caractère commercial du contrat. C’est déguiser une pratique sociale violente sous des discours sentimentaux et lénifiants.

Enfin, nous contestons l’effacement de la distinction entre la maternité et la paternité.

Nous voulons éveiller les consciences sur ces questions fondamentales qui concernent notre avenir à toutes et à tous.